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Revue de presse : Article dans Le Point du 14/11/2010 : Ecole primaire: le système de notation des élèves en accusation

De plus en plus de voix s'élèvent en France pour mettre en cause le système de notation des élèves, en particulier à l'école primaire, accusé d'accentuer l'échec scolaire en décourageant au lieu de mettre en confiance et valoriser.

 

A l'issue de sa troisième "Journée du refus de l'échec scolaire", l'Afev, une association d'étudiants faisant du soutien scolaire, a lancé en septembre "un appel national à la suppression des notes à l'école élémentaire, comme premier pas vers une refonte globale du système d'évaluation et de notation".

 

"Ce système doit en effet avant tout être un outil d'accompagnement plus efficace des plus fragiles plutôt qu'un facteur supplémentaire d'échec et de mise à l'écart", a-t-elle fait valoir.

L'association rejoint ainsi le combat du chercheur André Antibi qui dénonce depuis 2003 le poids excessif de la note au sein d'un système qui sélectionne par l'échec. Il a reçu en mai le soutien des parents d'élèves de trois fédérations du public et du privé (FCPE, Peep et Apel).

Ancien journaliste britannique devenu professeur à Sciences Po Paris, Peter Gumbel, père de deux filles scolarisées en France, a enfoncé le clou dans un livre paru à la rentrée: "On achève bien les écoliers" (Grasset).

 

Pour lui, la culture de l'école française "peut être résumée en trois mots: +t'es nul+ (...) Autrefois, on l'entendait beaucoup dans d'autres pays européens, mais en Angleterre, en Allemagne et surtout dans les pays nordiques, la vieille approche éducative basée sur l'humiliation a depuis longtemps été remplacée par une vision plus positive et généreuse, qui cherche à encourager plutôt qu'à rabaisser".

 

Et Peter Gumbel de citer notamment l'enquête Pisa de comparaison des systèmes éducatifs publiée tous les trois ans par l'OCDE, qui montre que les élèves français ont plus peur que les autres de se tromper, plus d'angoisse à l'école, ce qui fragilise leurs résultats.

 

"Le système français de notation (...) est une véritable plaie qui exerce des effets nuisibles sur le moral, la confiance en soi et les performances des élèves", estime Gumbel.

 

Or en Finlande, pays qui connaît les meilleurs résultats éducatifs, la valeur d'un élève ne s'établit pas par rapport aux résultats des autres, mais par rapport à sa propre progression.

"L'évaluation y est pour ainsi dire toujours positive, et on y maintient une génération entière ensemble du début à la fin de la scolarité obligatoire: quand un élève a des problèmes, on le prend à part pour l'aider à les régler, mais on ne le sépare pas définitivement de sa classe", selon le sociologue Roger Establet, coauteur avec Christian Baudelot de "L'élitisme républicain".

 

Des détracteurs des notes plaident par exemple pour les remplacer par un système à cinq lettres en fonction de la validation de certains acquis requis lors de l'année scolaire.

Si le ministre de l'Education nationale, Luc Chatel, a assuré au printemps apporter son "soutien" à André Antibi, il en est resté là.

 

Pour autant, les différents appels à la fin des notes en primaire ont poussé certains à réagir, comme le centre de recherches de l'Uni (la droite universitaire), qui voit dans l'évaluation sans note "un échec" en voulant pour preuve sa remise en cause partielle dans plusieurs pays.

 

Ainsi en Suède, où les élèves n'étaient jusqu'à présent vraiment notés qu'à partir de 14 ans, une réforme en cours de discussion au Parlement pourrait avancer la notation d'un à deux ans.

 

AFP



14/11/2010
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