Revue de presse : Article dans Les Echos du 19/07/2011 : Encore trop de décès accidentels, malgré des progrès chez les enfants
Très souvent évitables, les accidents de la vie courante (chutes, noyades...) entraînent près de 20.000 décès chaque année en France métropolitaine, un chiffre qui reste élevé, malgré des progrès notables dans la prévention chez les enfants.
En 2008, les accidents de la vie courante ont entraîné 19.703 décès, dont les deux tiers sont survenus chez les 75 ans et plus, selon les dernières données de l'Institut de veille sanitaire (InVS) publiées mardi dans le Bulletin épidémiologique hebdomadaire.
Entre 2000 et 2008, le taux de mortalité par accident de la vie courante a diminué de 2,8% en moyenne par an, tous âges confondus. "C'est significatif et c'est un point positif", a estimé auprès de l'AFP un des responsables de l'étude, Bertrand Thélot.
Pourtant, sur les trois dernières années, le nombre des décès en valeur absolue a bel et bien augmenté (passant de 18.549 en 2006 à 19.061 en 2007, puis 19.703 en 2008). Mais cette augmentation s'explique par le vieillissement de la population : les personnes âgées, les plus exposées au risque de décès liés à la vie courante, deviennent chaque année plus nombreuses.
"En huit ans, on a gagné 100 décès d'enfants. 358 c'est un décès par jour, 254 ça ne fait plus que 5 par semaine. Chaque semaine on a gagné deux vies. Ce n'est pas un détail", a souligné M. Thélot.
L'objectif de la loi de santé publique de réduire de moitié la mortalité par accident des enfants de moins de 15 ans entre 2004 et 2008, n'est cependant pas atteint (-11%).
Pour les adultes, "la baisse est tout juste significative", a-t-il ajouté.
Tous âges confondus, les chutes ont constitué la première cause de décès par accident de la vie courante en 2008 (9.412 décès), plus des trois quarts des décès par chute étant survenus chez des personnes âgées de 75 ans et plus.
Les suffocations, très majoritairement liées à l'ingestion d'aliments provoquant l'obstruction des voies respiratoires, ont provoqué 2.999 décès et les intoxications 1.376 décès.
Il y a aussi eu 1.028 décès par noyade accidentelle, 476 par le feu, auxquels s'ajoutent une myriade d'autres causes avec de plus petits effectifs.
"Le gros du gros, c'est les chutes", a souligné M. Thélot. Les décès par chute ont diminué en moyenne de 3% par an sur la période, "une baisse significative".
Noyades et suffocations sont aussi en baisse, mais les décès par le feu restent stables, tandis que les décès par intoxications enregistrent une très légère hausse (+1,9). Chez les 15-64 ans, les décès par intoxications marquent cependant une forte augmentation (+7,6%), sans qu'on sache l'expliquer.
Plus des deux tiers des intoxications survenues en 2008 ont eu pour cause des médicaments (prises accidentelles ou erreurs de prescription), les autres étant dues à d'autres substances, dont les gaz (monoxyde de carbone).
Les chercheurs constatent par ailleurs une nette surmortalité masculine (32,7 décès par accident de la vie courante pour 100.000 hommes, contre 18,9 pour 100.000 femmes). Elle est particulièrement "frappante" chez les jeunes adultes (25-44) : 1.088 décès chez les hommes en 2008 contre 283 chez les femmes.
"Tout ça, c'est quand même un désastre, parce qu'on ne devrait pas mourir d'un accident en principe évitable", a conclu M. Thélot, appelant à maintenir et renforcer la prévention.
Par Véronique MARTINACHE
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